Krach et crépuscule de la démocratie

L’accalmie boursière a été de courte durée et après le krach du lundi 9 mars, les bourses ont de nouveau vilainement baissé le 12 mars avec des records historiques battus : -9.99% pour le Dow Jones et 12.28% pour le CAC 40 !

Une fois la phase de sidération passée, il est nécessaire de commencer à analyser sans délai la période historique que nous sommes en train de vivre. Nul ne peut encore dire si la crise financière qui est en train de se dérouler va dépasser en intensité celle de 2008, mais nous sommes bien partis pour vivre quelque chose de grave. Car le système financier est tel un vieillard cacochyme depuis plus d’une décennie et un coup de froid pourrait le précipiter dans la tombe. Pensez un peu s’il s’agit d’un virus comme le covid-19 ! La crise pourrait donc devenir systémique si quelques grands malades comme la Deutsche Bank ou même d’autres entités plus petites avaient le mauvais goût de faire faillite. Les banques étant liées entre elles par des liens de dettes-créances d’une complexité extrême, la faillite de l’une pourrait causer la faillite de toutes les autres.

Nous n’en sommes pas encore là mais les banques vont se retrouver dangereusement exposées en raison des entreprises qui risquent de faire défaut à un rythme plus que soutenu si la pandémie n’est pas enrayée très rapidement. Sans parler du coup porté par l’Arabie Saoudite aux producteurs de pétrole de schiste américains. Les coûts d’exploitation étant très élevés, et les compagnies productrices de schiste étant lourdement endettées, le prix extrêmement bas du baril pourrait provoquer des faillites en cascade, fragilisant les banques outre-Atlantique… Rappelons également qu’une tempête sur le marché du Repo où se financent les banques pour leurs opérations à court terme avait éclaté fin septembre. L’édifice financier étant donc extraordinairement fragile, on peut raisonnablement s’attendre à une crise d’une ampleur comparable à celle des subprimes.

Bien, mais deux crises d’une telle ampleur en à peine plus de dix ans, voilà qui est fâcheux et qui n’augure pas des lendemains qui chantent. Dans le sillage des subprimes, les mouvements populistes avaient gagné en force et sont désormais au pouvoir dans de nombreux pays. Bolsonaro, Trump ou Orban sont d’une certaine manière les rejetons de la crise de 2008. Il est à craindre qu’avec la crise de 2020, les mouvements populistes gagnent encore en vigueur et se retrouvent en position de force au moment des prochaines élections. Si un mouvement citoyen progressiste et dynamique ne voit pas le jour dans les semaines qui viennent, ce sera une forme de renoncement coupable et nous serions alors condamnés à être témoins du crépuscule de la démocratie. En 2008, des forces énormes s’étaient déchaînées, et ce nouvel épisode jupitérien de la crise ne pourra que les renforcer.

Cette crise est la crise de trop. Il n’est plus possible de laisser la finance mettre en danger de la sorte notre équilibre démocratique qui est déjà bien fragile et qui a été tant malmené par Macron. Il faut désormais se réapproprier l’espace politique et changer de système avant que les mouvements d’inspiration fasciste ne prennent le pouvoir.

 

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